Ce site utilise des cookies afin de rendre votre navigation plus agréable. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous en acceptez leur utilisation.

Les Formations

Les différentes formations organisées par le CEP.

Outils développés

Les derniers outils développés par le CEP.

Éducation thérapeutique du patient et empowerment

Un rapide survol de l'éducation du patient et de l'empowerment du patient.

Que vit le patient ?
Comment vit-il sa maladie ?
Qu'est ce qui l'influence dans ses comportements de santé ?

Quels sont les facteurs qui vont déterminer nos comportements de santé, amener un patient à adopter un comportement sain ou au contraire qui vont constituer un frein ou faire choisir au patient des comportements défavorables pour sa santé ?

Cette question a étudiée par la psychologie, la sociologie et les sciences de l 'éducation.

Les réponses qu'elles nous apportent ne sont que partielles. Il y a beaucoup à en dire car ce sont des processus très complexes.

Nous pointons ici quelques éléments qui semblent importants à prendre en compte.

Éduquer n'est pas prescrire

«L'éducation n'est pas une potion que le médecin prescrit, que l'infirmière administre et que le patient ingurgite.
L'éducation est une aventure humaine ».

Le patient n'est jamais une page vierge sur laquelle va s'écrire l'éducation: il faut aller à la rencontre du patient et cela s'inscrit dans le temps.

Comment rencontrer le patient dans son univers pour mieux l'accompagner?

Les principaux facteurs d'influence

GREEN et d'autres auteurs proposent de distinguer 3 catégories de facteurs. Ces facteurs interagissent entre eux de manière complexe. C'est évidemment une simplification importante de la réalité, mais l'objectif est de faciliter l'analyse de ces facteurs et donc de réaliser un diagnostic éducatif.

1. Les facteurs de motivation

Ils vont nous inciter à entreprendre une action.

Parmi les facteurs de motivation nous retenons :

  • des facteurs affectifs relatifs à la manière dont le patient va vivre sa nouvelle vie avec la maladie. La survenue d'une maladie n'est pas un événement désiré et engendre de profonds remaniements par rapport à ses habitudes, des changements, une sorte de deuil. A cet égard, il est intéressant de se demander quel est l'« objet » perdu par le patient et qui pour une même maladie, pour chacun, peut prendre des formes diverses et où en est le patient par rapport à cet objet perdu.
  • des facteurs cognitifs : les connaissances du problème de santé, du traitement... les représentations des problèmes de santé, des traitements, de soi, les croyances de santé et le lieu de maîtrise de sa santé.
  • les projets de vie : ils sont des leviers importants pour prendre en charge sa santé. La santé n'est pas un but en soi pour les patients, mais le moyen d'accomplir des projets de vie: voir ses enfants grandir, pouvoir refaire de la bicyclette, faire un voyage... Quelle est la capacité du patient à se projeter dans l'avenir ?
    L'éducation patient est au service du projet du patient. Il est intéressant de pouvoir mettre en évidence des projets personnels faciles à mettre en œuvre à court terme et si possible observables par des tiers pour bénéficier de leurs encouragements.
  • des caractéristiques personnelles qui ne sont pas modifiables, mais à prendre en considération car influençant le patient : âge, sexe, maladies présentes ou antérieures, origine socio-culturelle, statut socio-économique,niveau d'instruction, expériences antérieures de traitement...

2. Les facteurs facilitant ou freinant les comportements

Il ne suffit pas d'avoir envie d'essayer un comportement. Il faut que nous en ayons la capacité, les moyens, que le contexte s'y prête... et certains éléments vont faciliter ou entraver ces comportements.

Parmi ces éléments, on relève :

  • les savoir-faire, habilités : par exemple, savoir réaliser une injection d'insuline, un contrôle, ajuster le taux...
  • la disponibilité et l'accessibilité des ressources : par exemple, le coût des soins de santé (chaussures adaptées dans le cas du diabète...) et des professionnels,
  • la distance géographique pour accéder aux soins...

3. L'influence des autres

L'influence des autres n'est pas négligeable : conjoint, entourage, autres patients, professionnels...

Leur attitude, leurs réactions vont nous pousser à poursuivre notre action ou au contraire nous décourager.

La cohérence des messages est importante pour le patient, qu'ils proviennent des professionnels, de la famille, des médias...

Parmi ces « autres », il y a :

  • les médias : par les campagnes TV, radio, des brochures...
  • le conjoint, la famille, l'entourage, les amis... : lorsqu'il s'agit d'adapter des régimes alimentaires, de partager des connaissances, d'encourager la pratique de certaines activités (arrêt du tabac, activité physique...), de comprendre et accompagner le patient dans son parcours de la maladie....
  • les professionnels de santé, les associations de patients... : par leur attitude, leur capacité d'écoute, d'accompagnement...

Le rôle du professionnel dans tout cela ?

Le rôle du professionnel de santé sera d'accompagner le patient dans la prise en charge de sa santé en l'aidant,à questionner ses représentations (« Et pour vous, que signifie... ? »), à accroître ses connaissances à développer son pouvoir sur sa santé (savoir-faire, auto-efficacité, lieu de contrôle de la santé...), à soutenir ses choix de santé...